vendredi 8 juillet 2011

Sur la terre des dinosaures






















Quelques minutes avant d'arriver au parc des dinosaures, le doute a commencé à nous assaillir. Faisions-nous ce détour pour pas grand chose? Ce parc était-il un attrappe-touristes? Car autour de nous, rien à signaler, toujours ces mêmes plaines verdoyantes s'étirant à l'horizon. Puis, quelques centaines de mètres avant de garer notre voiture, le décor s'est métamorphosé de façon drastique. Soudainement s'étendaient devant nos yeux des canyons arides jonchés de drôles de monticules formés de roche et de sable. Le panneau à l'entrée du parc nous confirme que nous venons d'arriver dans un autre monde en nous annonçant la présence ce veuves noires et de scorpions. Exit les sandales, nous chausserons nos espadrilles. Et tant qu'à y être, nous visiterons l'endroit à vélo. Notre visite de la région nous a permis de voir ces étranges monolithes qu'on nomme les Hodoos ainsi que des squelettes de dinosaures. Ces derniers ont été laissés sur le sol à l'endroit même où ils ont été découverts, 63 millions d'années après leur extinction. Face à des repères de temps aussi longs, on perd un peu le sens des proportions. Mais on comprend que la terre a déjà eu un tout autre visage et que l'homme est peut-être une autre espèce de passage. Aussi bien en profiter pendant que ça passe nous sommes-nous dit. Aussi avons-nous décidé de laisser tomber le réputé musée des dinosaures. Il faisait un soleil radieux et nous brulions d'envie de voir enfin poindre à l'horizon les sommets enneigés des Rocheuses. L'appel de la nature était trop pressant...

Sur la route































Tel que prévu, nous avons mis trois jours pour traverser le Canada jusqu'à l'Alberta. Comme nous roulions vers l'ouest, nous avons pu profiter d'un soleil qui se couchait tardivement pour allonger nos heures de conduite. Des stationnements de Wal-Mart, d'hôpitaux et un chemin forestier ont successivement accueilli notre lit roulant. Côté confort, la Matrix s'est révélée plutôt spartiate, les bancs d'en avant ne pouvant se plier, chargés qu'ils étaient de tous les bagages que nous devions transférer depuis la valise. Heureusement, que maman et papa nous avait généreusement prêté leur boîte Thule. La bonne nouvelle, c'est que personne n'est venu déranger notre sommeil pour nous demander de lever le camp. Que dire de la route? Comme tout le monde nous l'avait prévenu, l'Ontario c'est long et c'est plate. Nuançons toutefois, la région du Lac Supérieur est un plaisir pour les yeux. Les eaux turquoises de cette mer intérieure auront aussi permis de décrasser (et de réveiller) nos corps de routards. Puis sont venues les prairies qui, comme on dit, changent le mal de place. La Saskatchewan nous a bien plu, peut-être parce que nous l'avons traversée au crépuscule. Or, rendus en Alberta, le côté plat du paysage commençait à nous sortir par les oreilles. C'était justement le temps de nous arrêter pour la première attraction touristique sur notre itinéraire: la région des dinosaures.









dimanche 12 juin 2011

En route vers l'ouest



Un dernier au revoir à Babette, notre petit tigre de maison, que nous laisserons aux bons soins de ses grands-parents pour l'été. Dans quelques semaines à peine, nous prendrons la route, toujours plus à l'ouest, jusqu'aux Rocheuses d'abord, puis jusqu'au Pacifique...

lundi 7 mars 2011

Les Laurentides à fond























Cette année, nous avons décidé de consacrer la précieuse semaine de la Relâche à explorer notre patelin, les Laurentides. Par chance, une neige abondante était au rendez-vous et, par ricochet, le ski de fond des plus sublime. Parmi les endroits où nous avons glissé figure le petit mais sympathique centre de ski de fond de l'Estérel, le titanesque réseau de sentiers de St-Adolphe-d'Howard et l'incontournable Parc du Mont Tremblant. Cette année, nous y avons opté pour deux boucles: la Malard et la Bois-Franc. Voilà qui termine bien l'hiver.


lundi 24 janvier 2011

Une semaine dans Charlevoix





























Dans la tête d'un amateur de ski de fond, l'arrivée de l'hiver est entendue comme une invitation à retrouver le plaisir de glisser sur la neige. Pourtant, les dernières années ont rarement permis aux fondeurs de faire de belles sorties aussi tôt qu'en décembre. Manque de précipitations enneigées, pluies ravageuses...l'ennemi n'est pas bien loin pour ruiner les fragiles conditions. En ce sens, la région de Charlevoix, avec son micro-climat, offre une porte de sortie à envisager. Et comme nous avions le privilège d'être en congé durant la période des fêtes, nous avons décidé de profiter de cette fenêtre de temps pour aller jouer dans la neige là où il y en avait...
Ski de pise, ski de patin, ski hors-pise, raquette... les lieux pour jouer dehors sont nombreuses dans Charlevoix. Sans vouloir endormir nos lecteurs avec une liste d'épicerie des centres de la régions, voici quelques coups de coeur qui méritent qu'on s'en rappelle.
- le sentier menant au Mont du lac des Cygnes, dans le Parc des Grands Jardins, constitue une belle randonnée de raquette. La vue au sommet s'étend jusqu'à Baie-Saint-Paul et permet de d'embrasser du regard la cavité laissé par un météore il y a très très longtemps. Pour les plus téméraires, il est possible d'étirer le plaisir en poursuivant vers le lac Pioui. Attention, les vents sont forts et cinglants mais le côté hors-piste confère son charme à l'aventure.
-le Centre de plein air "Les sources joyeuses" fut notre coup de coeur pour la beauté de ses pistes de ski de fond.
- les sentiers de ski de fond du Massif rejoignent les refuges Ligori et/ou l'Abbatis. L'un comme l'autre offre des vues imprenables sur le fleuve.
- le réseau de ski hors-piste aux Monts Grands-Fonds est très intéressant. Nous sommes montés, nous sommes arrivés à un joli belvédère d'où nous avons apprécié la vue, puis nous sommes redescendus dans une belle poudreuse qui nous a laissé l'impression de skier sur un nuage.

samedi 6 novembre 2010

Les monts Noonmark et Blueberry-Porter, NY









Le mont Noonmark est ainsi baptisé parce qu'à midi tapant, le soleil passe directement au-dessus de son sommet. Notre point de départ pour la randonnée: le sentier partant de St-Huberts. La montée offre plusieurs beaux points de vue avant qu'on arrive au sommet proprement dit. Ce dernier, bien qu'il se situe en-dessous des symboliques 4000 pieds n'a rien à envier à ses grands frères. Il se termine par une belle ascension sur des blocs rocheux dégarnis et permet au marcheur d'embrasser du regard plusieurs groupes de montagnes à la fois: Dix, le Great Range, Giant, pour ne nommer que ceux-là. En cette fin de semaine de l'action de Grâce, le soleil était là pour nous chauffer le visage. Confortablement blottis à l'abri du vent, nous avons refait le plein de vitamine D. Question de faire différent, nous avons décidé de redescendre par le sentier menant au Round Top. Mauvais choix: celui-ci était boueux, inutilement plus long...bref, sans intérêt.

Le soir venu, nous avons dormi pour une première fois dans notre nouvelle Matrix. À notre heureuse surprise, l'habitacle s'est avéré suffisamment spacieux pour nous permettre de nous étendre de tout notre long. En nous plaçant la tête du côté de la portière arrière, nous pouvions en prime contempler le ciel étoilé. En somme, la formule est économique et tout à fait confortable. Voilà qui ouvre la porte à une foule de possibilités. Road trip à venir...

Après une bonne nuit de sommeil donc, nous avons amorcé l'ascension des monts Blueberry et Porter depuis le stationnement de Marcy Field. La première partie de la montée, celle qui mène à Blueberry, est courte mais très raide. Le sommet Blueberry, qu'on atteint aisément en moins d'une heure, offre un beau panorama sur la vallée de Keene. La suite du sentier laisse l'impression d'être beaucoup moins fréquentée: le sentier est plus boueux, parfois difficile à trouver ou encore obstrué par la végétation. Les sections de montée, souvent apiques, implique de poser le pied sur des racines glissantes. Peu commode pour la descente. On monte, on redescent, on remonte pour redescendre encore puis on reremonte pour enfin arriver au sommet du mont Porter. La vue y est quelque peu obstruée par les épinettes mais tout de même acceptable. En face, à une trentaine de minutes de marche, on voit le sommet du mont Cascade, visiblement très achalandé en ce dimanche de l'Action de Grâce. Pour le retour, nous optons pour le sentier menant au stationnement du Garden, d'où nous allions prendre la navette jusqu'à la voiture. Ainsi éviterions-nous de nous salir les fesses sur les pentes boueuses et escarpées de tout à l'heure. Bon choix: la descente est graduelle et tellement facile qu'on peut la faire en courant. En chemin, un dernier arrêt pour apprécier la vue depuis Little Porter, une grosse roche qui surplombe la vallée. En cette fin de journée, alors que le soleil descend et que ses rayons sont obliques, on peut contempler les couleurs d'automne dans tout leur éclat. Il faudrait faire se genre de petite escapade plus souvent, nous disons-nous en franchissant les derniers kilomètres.

mardi 21 septembre 2010

Parc de la Vérendrye 2010













Comme il ne saurait y avoir de mois d'août sans canot-camping et que la mecque du canot-camping reste sans conteste le Parc de la Vérendrye, nous avons récidivé cette année en nous enfilant deux circuits adjacents: le Portage-Larouche(#34)et La Roulette(#30). En les combinant ainsi, on obtient un itinéraire en boucle de 85 kilomètres, confortablement réalisable en 5 jours/4 nuits, qui offre une grande variété de paysages d'une grande beauté avec un minimum de portages.

C'est au Camping Larouche que nous avons abandonné notre voiture au profit de nos canots. Nous allions ainsi pouvoir nous épargner un portage de 600 m à la toute fin de notre itinéraire. Ayant décidé de parcourir notre boucle dans le sens horaire (le contraire est tout à fait envisageable), nous avons d'abord suivi le tracé du circuit Portage-Larouche dont un des attraits constitue le ruisseau Larouche qui serpente dans les hautes herbes à perte de vue. On a beau se tenir debout sur nos sièges, on n'en voit pas la fin. Le lac Nyzard, qui suit, offre lui aussi un intérêt indéniable avec ses plages de sable qui descendent tout doucement dans ses eaux limpides. La pêche y a été très prolifique et le souper au doré qui a suivi des plus délicieux. Poisson frais, ciboulette et huile d'olive, il n'en fallu pas plus pour combler nos appétits de canoteurs.

Le premier circuit cède sa place au second une fois qu'on arrive sur le lac Grand. Ce dernier porte bien son nom et nous est apparu d'autant plus immense qu'il a fallu le traverser en luttant contre un vent de face d'environ 30 km/h. À certains moments, bien que nous y mettions tout notre coeur et tous nos muscles, le rivage à nos côtés restait immobile; nous n'avancions pas d'un iota. Mais bon, à force de forcer, nous avons finalement abouti sur la rivière Coulonge, calme et apaisante, puis sur le lac Nichotéa, vaste et parsemé d'îles. C'est d'ailleurs sur l'une d'elles que nous avons monté la tente pour la nuit et contemplé le coucher de soleil en nous laissant bercer par le son des vagues et le hululement des huards. Le lendemain matin, nous avons attaqué les quelques courts portages qui nous séparaient du lac Canimina. Il était trop tôt pour s'arrêter mais ce n'était pas l'envie qui manquait tellement les sites de camping étaient attrayants sur ce plan d'eau. Grands pins, caps rocheux, aire de feu en promontoire...tous les ingrédients étaient réunis. La prochaine fois, nous ferions différemment. La suite de la journée s'est écoulée sous un ciel fâché. Le tonnerre et les nuages noirs laissaient présager un orage à tout casser. Il a plu, certes, mais très brièvement. Juste assez en fait pour nous faire utiliser nos imperméables et pour créer une atmosphère étrange, à la fois gothique et magnifique. Un ciel chargé qui laissait filtrer quelques percées de soleil, des goutelettes de pluies qui se perdaient dans un voile brumeux, des arbres morts qui attendaient leur moment pour s'écrouler dans les eaux noires, le Lac Longevelle nous a marqué à sa manière. C'est d'ailleurs sur son rivage que nous avons établi notre dernier campement. Le bois mort qui séchait sur la berge alimenta notre feu et nous réchauffa jusqu'aux petites heures. Une dizaine de kilomètres seulement nous séparait de la voiture et du retour à la civilisation.